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Pourquoi la respiration ne suffit pas chez les femmes migraineuses


On parle de respiration partout.

Dans les consultations, sur les réseaux, dans les livres, les applications, les programmes bien-être.

Respirer pour se calmer.

Respirer pour gérer le stress.

Respirer pour faire passer la douleur.


Femme migraineuse allongée, respirant difficilement avec une tension corporelle persistante

Alors vous essayez.

Vous testez différents exercices.

Vous appliquez ce qu’on vous a conseillé.


Et pourtant…

« Non...pour moi, ça augmente même la douleur selon les exercices. »

Si vous vous reconnaissez dans ces phrases, il est important de le dire clairement :

si respirer ne vous soulage pas, ce n’est pas que vous vous y prenez mal.

“Pourquoi, avec moi, respirer ne marche pas ?”


Fatigue nerveuse et difficulté à récupérer chez une femme migraineuse au repos

C’est une question que beaucoup de femmes migraineuses se posent en silence.

Parce que la respiration est présentée comme quelque chose de simple, de naturel, d’universel.

Alors quand elle ne fonctionne pas, ou qu’elle accentue l’inconfort, le doute s’installe.

Pourquoi chez les autres ça a l’air de marcher… et pas chez moi ?

Pour comprendre cela, il faut changer légèrement de regard.


La respiration n’est pas seulement un exercice

c’est un langage du corps


Respirer, ce n’est pas uniquement faire entrer et sortir de l’air.

La respiration transmet en permanence des informations au corps.


Elle reflète :

  • l’état de vigilance

  • la capacité à relâcher

  • le niveau de tension interne

  • la possibilité (ou non) de récupérer


Autrement dit, la respiration ne crée pas toujours le calme.

Elle montre surtout dans quel état se trouve le corps.


Chez de nombreuses femmes migraineuses, le corps reste en état d’alerte, même en dehors des douleurs.

Cet état s’installe souvent au fil des années, à force de tenir, d’anticiper, de s’adapter, de gérer.


Dans ce contexte, la respiration ne peut pas remplir le rôle qu’on lui attribue habituellement.


Quand respirer augmente l’inconfort ou la douleur


C’est une expérience déroutante, mais fréquente.


Certaines femmes constatent que :

  • ralentir la respiration accentue les sensations

  • respirer profondément augmente la pression ou la douleur

  • porter l’attention sur le souffle rend le corps plus réactif


Cela ne signifie pas que la respiration est “mauvaise”.

Cela signifie que le corps n’est pas disponible pour ce type de stimulation à ce moment-là.


Quand l’organisme reste en vigilance, toute tentative de ralentissement peut être vécue comme une perte de contrôle.

Et le corps réagit… en se crispant davantage.


L’image du chat en cage


Le chat illustre le système nerveux en hypervigilance, la respiration c'est le calin.

Imaginez un chat qui a passé longtemps enfermé, dans un environnement imprévisible.

Son système de protection est constamment activé.


Un jour, quelqu’un ouvre la cage et s’approche pour lui faire un câlin.

Le câlin est réconfortant en soi.


Mais pour ce chat-là, à ce moment précis, ce n’est pas un apaisement.

C’est une intrusion.


Il n’a pas besoin d’un contact immédiat.

Il a besoin de repères, de temps, et de sentir que l’environnement est réellement sûr.


La respiration fonctionne de la même façon.

Quand le corps est encore en alerte, lui demander de se détendre peut être trop rapide.


Le problème n’est pas la respiration

mais l’état dans lequel le corps respire


Ce n’est pas que la respiration “ne marche pas”.

C’est que le corps n’est pas prêt à ce qu’on lui demande.


Dans un état de vigilance prolongée :

  • la respiration reste haute ou bloquée

  • l’expiration est difficile

  • les soupirs sont fréquents

  • le repos ne permet pas une vraie récupération


Dans ces conditions, la respiration devient un indicateur, pas une solution immédiate.

Elle montre où en est le corps dans sa capacité à relâcher.


Ce que la respiration révèle chez les femmes migraineuses


Chez beaucoup de femmes migraineuses, la respiration met en évidence :

  • une tension de fond permanente

  • une difficulté à se sentir en sécurité dans le corps

  • une alerte qui ne s’éteint jamais complètement


La respiration ne fait alors que rendre visible un déséquilibre plus profond.

Et c’est précisément ce qui la rend si intéressante… quand on sait l’écouter.

Commencer par écouter, plutôt que corriger


Plutôt que de chercher à “bien respirer”, la vraie question devient :

Qu’est-ce qui empêche mon corps de se poser suffisamment pour respirer autrement ?

Parfois, la réponse n’est pas dans un exercice supplémentaire.


Mais dans :

  • plus de progressivité

  • plus de sécurité

  • plus de cohérence entre ce que vit le corps et ce qu’on lui demande


Quand ces conditions sont réunies, la respiration se modifie souvent d’elle-même.

Sans forcer.

Et surtout, sans contrôler.


Ce que ça change de comprendre cela


Comprendre ce fonctionnement permet de :

  • sortir de la culpabilité

  • arrêter de se forcer à “faire comme il faut”

  • respecter le rythme réel du corps

  • cesser de lutter contre des réactions de protection


Et surtout, cela permet de changer le point de départ.


Et maintenant ?


Si la respiration n’a jamais été un soulagement pour vous, ce n’est pas un échec.

C’est une information.


Elle indique que le corps cherche autre chose avant de pouvoir relâcher.

Et apprendre à reconnaître ces signaux, puis à y répondre progressivement, change profondément la relation au corps… et à la migraine.


C’est exactement ce travail que je propose dans mon accompagnement :


Le but ?


Aider le corps à retrouver les conditions nécessaires pour que des ajustements deviennent possibles.


Quand le corps se sent enfin suffisamment en sécurité, la respiration cesse d’être un combat, et redevient un appui.



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