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Stress et migraine : bien plus qu’une émotion, une séquence qui se répète

Dernière mise à jour : 3 nov.

Lorsque l’on parle de stress, beaucoup pensent à une émotion passagère, un état de tension ou une période difficile. Mais pour les personnes migraineuses, le stress est souvent un déclencheur puissant, voire un amplificateur silencieux, qui s’installe comme une véritable séquence neurophysiologique répétitive.

Et si, au lieu de "gérer le stress", il fallait plutôt comprendre comment l’interrompre avant qu’il ne déclenche une crise migraineuse ?


Stress et migraine : bien plus qu’une émotion, une séquence qui se répète

1 - Stress et migraine : un lien scientifiquement démontré


Plusieurs études montrent que le stress est l’un des facteurs les plus fréquemment rapportés par les patients migraineux. Il peut précéder la crise de 24 à 48 heures ou intervenir juste après une période de tension, comme un effet de décompression [1].

Ce lien n’est pas seulement psychologique : il est neurologique, hormonal et inflammatoire. Le stress chronique altère la régulation du système nerveux autonome, fragilise la barrière intestinale, déséquilibre le microbiote, et perturbe la libération de neurotransmetteurs impliqués dans la migraine (sérotonine, dopamine, glutamate, etc.) [2].


Stress et migraine : bien plus qu’une émotion, une séquence qui se répète

2 - Un cerveau en alerte permanente


Chez la personne migraineuse, le cerveau est hyperréactif. L’exposition répétée au stress peut l’amener à rester en mode alerte, même sans stimulus réel. Cette hypervigilance s’installe dans le tronc cérébral et le système limbique, régions responsables des réflexes de survie (fuite, combat, inhibition).


Résultat : le seuil de tolérance à la douleur diminue, les automatismes de défense s’activent, et le corps répète une séquence bien huilée :

  1. Un stress perçu active l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS).

  2. Le cortisol augmente, le rythme cardiaque s’accélère, la respiration devient thoracique.

  3. La digestion ralentit, la tension musculaire s’installe (notamment dans la nuque et les tempes).

  4. Le cerveau interprète ces signaux comme une menace prolongée.

  5. Une crise migraineuse est déclenchée ou entretenue.


Cette séquence peut être si rapide qu’on ne la perçoit plus consciemment. C’est là que réside le piège : on croit que la migraine "tombe du ciel", alors qu’elle s’ancre dans un cycle répétitif, prévisible et modifiable.


3 - Le stress ne se gère pas, il se désactive


La plupart des approches proposent de gérer mentalement le stress : méditation, pensée positive, relaxation. Bien que bénéfiques, elles interviennent souvent trop tard dans la séquence, quand le corps est déjà en alarme.

Or, des travaux en neurosciences ont montré que ce n’est pas par le mental que le stress chronique se désactive, mais par un contre-signal corporel fort, inhabituel, et immédiat [3].

💡 Exemple : une posture exagérée, un souffle amplifié ou un mouvement croisé peuvent interrompre le cycle avant que le cerveau ne bascule en mode migraine.

C’est exactement ce que permet la régulation vagale et les techniques neurofonctionnelles que j’intègre dans mes accompagnements.


4 - Transformer la boucle stress-migraine


  • Identifier votre séquence personnelle : les premiers signes (rythme cardiaque, respiration, pensées), les habitudes automatiques (serrer les dents, se suradapter, se taire…).

  • Apprendre à intervenir très tôt, en envoyant au système nerveux un signal de sécurité.

  • Créer une nouvelle boucle, où l’émotion ou la pression ne mènent plus automatiquement à une crise.

Ce travail ne consiste pas à “penser différemment”, mais à rééduquer le système nerveux, comme on rééduque un réflexe.


5 - Un webinaire pour comprendre et agir


Dans mon webinaire "Migraine et Stress – Les blocages cachés", je vous guide pour :



Sources

  1. Sauro KM, Becker WJ. “The stress and migraine interaction.” Headache, 2009. PMID: 30651201

  2. Irimia P, Gago-Veiga AB. “Psychiatric comorbidity in migraine.” Neurologia, 2016. PMID: 30120087

  3. Porges SW et al. “Polyvagal theory and the neurophysiology of safety.” Frontiers in Psychology

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