Comprendre la migraine autrement : le rôle méconnu du système nerveux et de la neuroplasticité pour un soulagement durable
- yvadulcie
- 15 déc. 2025
- 3 min de lecture

La migraine chronique est trop souvent expliquée à travers un seul prisme : la douleur.
Mais ce que peu de personnes savent, c’est que la douleur répétée transforme profondément le système nerveux, la neurochimie du cerveau et la manière dont les signaux sensoriels sont traités.
Ces mécanismes sont au cœur de la chronicisation migraineuse. Et pourtant, ils sont presque absents du narratif médical habituel.
Douleur chronique, migraine et neurochimie : ce que la migraine change dans le cerveau
Les études en neurosciences montrent que la migraine chronique :
– abaisse le seuil sensoriel
– augmente la réactivité des circuits neuronaux
– renforce la vigilance interne du cerveau (anticipation permanente)
– amplifie les signaux nociceptifs
– active les zones émotionnelles liées à la peur et au stress
– épuise le système nerveux autonome
En d’autres termes :
le cerveau n'est plus seulement “douleur”
il devient un terrain hypersensible, prêt à réagir au moindre stimuli.
C’est ce phénomène qu’on appelle sensibilisation centrale.
Les limites du narratif médical actuel sur la migraine
L’approche dominante privilégie les solutions chimiques :
antidouleurs, traitements de fond, anti-inflammatoires, anti-CGRP…
Ces outils ont leur place. Pour un soulagement temporaire.
Mais ils n’agissent pas sur :
– la plasticité neuronale,
– la surcharge sensorielle,
– les circuits d’anticipation,
– l’hypervigilance,
– la tension réflexe associée à la douleur.
Cette vision partielle explique une grande partie de l’errance médicale des personnes migraineuses :
on traite la douleur… sans comprendre son impact sur le système.
Pourquoi la voie neuroscientifique est actionnable dans la migraine
Contrairement à beaucoup d’approches complémentaires, souvent exigeantes en motivation ou en changement de mode de vie, la voie neuroscientifique agit sur la machinerie automatique du corps.
Le système nerveux autonome :
– fonctionne indépendamment de la volonté
– peut être modulé par de micro-stimulations simples
– influence directement le seuil sensoriel, la tension, la perception de la douleur
– se reprogramme au fil des répétitions (neuroplasticité)
C’est cette automaticité qui en fait une voie d’action puissante pour la migraine.
Même lorsqu’on est épuisée, démoralisée ou en hypervigilance, le système nerveux répond.
Ce que cette approche soulage réellement
Elle ne “guérit” pas la migraine.
Ce n’est ni son rôle, ni sa promesse.
Mais elle agit sur les effets secondaires neurologiques qui entretiennent et amplifient l’inconfort :
– hypersensibilité
– bruit sensoriel
– anxiété anticipatoire
– tension neuro-musculaire
– dérégulation du système nerveux autonome
– saturation émotionnelle
En réduisant ces phénomènes, le corps retrouve :
– de l’espace,
– de la stabilité,
– de la marge de manœuvre,
– une capacité à intégrer d’autres approches plus profondes (hormonales, digestives, inflammatoires…).
C’est une porte d’entrée.
Pas une fin.
Mais une porte qui change tout.
Pourquoi commencer par le système nerveux ?
Parce que c’est, aujourd’hui, l’un des leviers les plus rapides, les plus concrets et les moins énergivores pour soulager le vécu migraineux.
Et parce que tant que le système nerveux reste saturé, tous les autres travaux (nutrition, hormones, intestin, inflammation, charge mentale…) restent beaucoup plus difficiles à intégrer.
Pour aller plus loin
Je publie chaque semaine des contenus destinés à aider les femmes migraineuses à comprendre leur corps autrement, à apaiser leur système nerveux, et à retrouver leur pouvoir d’action.
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Sources scientifiques
– Apkarian AV, Hashmi JA, Baliki MN. Pain and the brain, Pain, 2011.
– Burstein R, Noseda R, Borsook D. Migraine: Multiple Processes, J Neurosci, 2015.
– May A. Chronic pain alters brain structure and function, Nat Rev Neurosci, 2011.
– Travaux du Dr Barrett sur neuroplasticité et douleur.




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