top of page

Explorer l’identité migraineuse et sortir du narratif qui enferme.

L’un des plus grands pièges de la migraine, ce n’est pas seulement la douleur. C’est l’identité qui finit par se construire autour d’elle.


Explorer l’identité migraineuse et sortir du narratif qui enferme.

Quand on répète pendant des années que :

« c’est génétique »,

« c’est incurable »,

« vous n’y pouvez rien »,

…le cerveau finit par en faire une vérité absolue.

Une vérité biologique ?

Non.

Une vérité narrative.


Et ce narratif est un nocebo monumental.

Il façonne la façon dont vous vous percevez.

Il sculpte vos réactions, vos croyances, vos choix.

Il devient presque une carapace…

et une prison.


Biologiquement, ce narratif ne tient pas.


Je le dis en tant que biologiste :

on ne peut pas parler de migraine chronique sans parler du système nerveux.


Un système nerveux hypersensible, ça n’a rien d’obscur ou de “spirituel”.

C’est mathématique.

C’est mécanique.

C’est physiologique.


👉 Un système nerveux, c’est comme un muscle :

Ce que vous répétez, il l’intègre.

Ce que vous vivez, il le renforce.

Ce que vous croyez, il l’oriente.


Et la douleur chronique modifie la neurochimie, réorganise les circuits neuronaux, et épuise la psyché. Quand on endure des années d’errance médicale, de fausses pistes, de déceptions…le cerveau se protège.


Pour survivre, il adopte une stratégie :

➡️ rejeter toute nouvelle idée qui pourrait à nouveau créer de l’espoir… donc du risque.

➡️ s’accrocher au narratif fataliste, parce que lui au moins, il ne déçoit plus.


Ce n’est pas un manque d’ouverture.

Ce n’est pas un manque de volonté.

C’est de la dissonance cognitive.


La dissonance cognitive, c’est quoi ?


C’est le moment où une nouvelle information entre en conflit direct avec tout ce qu’on vous a répété pendant des années.


Si je vous dis :

« Le système nerveux est plastique.

Il peut être modulé.

Il peut se réentraîner en 8 à 12 semaines.

C’est prouvé.

Donc oui : il y a un levier biologique majeur à explorer. »


Vous pouvez avoir un réflexe violent :

« Non !

Si c’est vrai… alors pourquoi personne ne me l’a dit ?

J’ai souffert pour rien ?

J’ai perdu des années ?

Impossible. »


👉 C’est une réaction normale.

👉 C’est une réaction humaine.

👉 C’est une réaction protectrice.


Votre cerveau ne cherche pas la vérité.

Il cherche à éviter la douleur émotionnelle liée à l’idée que tout aurait pu être différent.


Alors, que faire ? Inverser doucement. Déprogrammer lentement.


Il ne s’agit pas de “changer de croyance du jour au lendemain”.

Ça ne fonctionne pas, et ce n’est pas respectueux du vécu.


Il s’agit d’un processus :

  1. Arrêter de nourrir le narratif fataliste

    Celui qui vous éteint, vous réduit, vous prive d’action.

    Celui qui dit « tu ne peux rien ».


  2. Choisir ce que vous nourrissez

    Oui, l’espoir fait vivre.

    Et quand l’espoir repose sur des données neuroscientifiques solides…ce n’est pas un “faux espoir”.

    C’est un levier biologique.


  3. Renforcer le narratif d’espoir

    Pas pour rêver. Pour réorganiser le système nerveux.

    Parce que oui : la manière dont vous vous racontez votre migraine influence le câblage neuronal.


  4. Laisser le cerveau intégrer doucement

    Un peu comme une goutte d’eau qui finit par creuser la pierre.

    Avec régularité.Avec douceur.Avec intention.



Et voici la clé que les neurosciences nous ont apportée :


Le cerveau ne fait pas la différence entre le réel et l’irréel.

Il encode ce qu’on lui répète.

Ce qu’il anticipe.

Ce qu’il visualise.

Ce qu’il expérimente, même en micro-dose.


L’irréel d’aujourd’hui peut devenir le réel de demain avec suffisamment de répétition.


C’est de la neuroplasticité.

Pas de la magie.

Pas du positivisme creux.

De la physiologie pure.


Conclusion :


Explorer son identité migraineuse, ce n’est pas se demander

« Qui suis-je avec cette migraine ? »


C’est se demander :

« Qui suis-je quand j’arrête de nourrir le narratif qui m’éteint ?

Et que devient mon cerveau quand je commence, enfin, à lui offrir un narratif d’espoir, réel, solide, scientifique ?


Commentaires


bottom of page